jeudi 3 septembre 2009

les mots rétrécissent
comme la chair consommée

mardi 1 septembre 2009

Épicentre

la tête me tourne
entre les dents

le coeur depuis longtemps englouti
dans une espèce de hachoir antique
de métal lourd

pour un rien j'ouvre les jambes
dans l'extinction de mon espèce
au lieu de la pomme
Ève mange le serpent

naissance de la muse

mon corps sèche
mollement affolé
plein d'un triomphe exténuant
plein d'arrachées et de sauts périlleux
acrobate de tes mains

je ne distingue plus de mes cris le plaisir et le vertige et les marées noires
sans reflet pour la lune
sans dunes pour la paume
ou mon mal à foutre
ou le sexe amoureux
mon coeur balance
tout par les fenêtres

déjà encore I love you
pour fuir

you feel your bag is empty
mine is loaded
like a gun

the only sound worth listening
those words like fuck
that is good

moitié morte
moitié exaltée
je dois dormir en urgence

lundi 31 août 2009

flotter

renaître fait mal
dans ce qu'il faut tuer
du centre de la tête
cette chose primitive
en barbelé
ajournée constamment
salée excessivement

des viandes dures
à la dent

que renaître
l'horizon frappe du pied
tousse sa cendre
explose en désordre
sans bruit que le sourd
creusé par la paume

commencer par fendre le ventre
la lame en pleine longueur
et les scalps
et les doigts coupés
peu à peu
dénués de l'écorce qui gardait
ensemble
la proie le menteur
peu à peu
dissimulés dans le sang

perdus
que renaître demande des aveuglements
racle l'écume
et puis les spécimens
d'où hurlent les vitres
qui s'enfoncent dans la gorge

pour se taire

devenir lumineux
buée opaque
sans turbulence
sans tomber
ne bouge surtout pas
les lèvres à ta naissance

tu prends la chair
tu l'endosses dans mon ventre
et plus rien ne partira de la femme
ni de l'homme
tas fumant informe
chaud et noir

renaître fait mal
la vie
retouche mon nom

je flotte sans source
maintenant
l'air
souffle un pays
qui saura se taire
pour prier

jeudi 30 juillet 2009

On devrait

passer par-derrière
la tête plus basse que les fenêtres

mardi 14 avril 2009

intraitable

Exploser ben comme il faut
mais par en-dedans, pour rester coite.

Si je parle, tout va se vider autour de moi.
Tout va être soufflé à des kilomètres et je resterai le centre parfait,
immuable et fixe.
Si je parle, les gens ne me regarderont plus, ils vont se détourner en mouvement de foule.
Et je n'y comprendrai rien
à ce départ généralisé.

Dans les faits, on est pognés ensemble. On peut pas divorcer ou faire ce genre de choses-là.
On peut juste s'exiler très loin et faire semblant.

Il y a toi et il y a l'inconnu,
cette foule qui s'éloigne. Encore et encore.

La poésie ne peut faire vivre personne.
Elle n'invente pas la joie, l'amour et la douleur.
L'argent non plus d'ailleurs.

jeudi 2 avril 2009

Le glamour se charge des ventriloques

question de frontispice
et de sculptural
à l'épicentre un peu fou
pour que ça monte moins croche
toutes ascensions confondues

depuis ce temps la tendance se maintient
dans l'univers
exister de tous temps à tous vents
à se vendre l'âme
qu'il existe des choses immuables

au moins une
d'éternité

l'amour n'est pas l'amour
le temps n'est pas le temps

ce qu'il y a en dessous de tout ça
les profondeurs des océans
où la pression éclate le crâne
et le ciel, on en a déjà beaucoup parlé

je m'endors et tout disparait

je m'éveille là-bas dans les phénomènes étranges et inexpliqués
je suis cachée derrière une chaise
la salle est remplie de morts-vivant
un couteau est collé sur le dossier de la chaise
quelqu'un l'a placé là pour moi

je me réveille et tout disparait

jeudi 19 mars 2009

Le trouble affectif

cette semaine ça devient important

dernièrement
j'arrive pas au fond des choses
j'ai beau éplucher comme une cinglée
je touche jamais à la pulpe

dernièrement je me sens avalée par mon ordinateur
du lever au coucher
dans mes rêves j'en profite pour sortir dehors
prendre l'air

dernièrement
j'ai le piton collé
sur la complexité
de tous les désirs
de tous les êtres
vivant

je suis plongée
dans le trouble affectif
"où suis-je?" que je me demande
"c'est quoi cette marmelade noire?"
des effets choquants
des milieux imprécis
mais surtout étrangers

des affaires idéalistes
qui prennent tout mon temps
tout mon argent
qui m'avalent la tête
me laissant naïve et sotte
en pleine lumière

j'ai cette grande chance d'être libre
je me suis rendu compte que j'étais libre
la première fois que je me suis trompée
et la première fois que j'ai vu juste, j'ai tout de suite cru que c'était un coup du destin

dernièrement je suis dans ma tête
j'ai laveuse sécheuse poêle frigidaire
un bureau avec un ordinateur et une connexion internet

dernièrement j'ai besoin d'éviter
toute intensité venant me dérégler
me faire faire des détours plus longs
pour revenir au point de départ

et pourtant
j'adore l'intensité