vendredi 4 août 2017

La femme emballée


je suis un préambule
une amorce

je prends un café au salon la jambe croisée en attente figée dans une posture convenable en ayant l’air de fixer le plafond
et voilà ce qui est vrai de moi

le bras tordu sous l’échine

j’attends d’accoucher de quelque chose

le fonctionnement est automatique à pistons avec toutes sortes de vibrations bizarres et parfois quelques sons réchappés de la côte se font entendre au plus grand dam de ceux qui pieutent tout autour
les yeux fermés

où est cette réalité que je la chevauche encore et encore
comme des petits bouts de cire qui fondent au soleil

où est cette averse de pommes sur ma tête

dans les livres on indique la manière les écritures savent dire des mots un après l’autre et dès lors le sens se fraie un chemin que je prends par quatre et que je croise et que je tourne en pot
ça me fera des conserves pour l’hiver

comme pour instruire
lever le drapeau de l’invasion
hanter des châteaux de sable
attendre la mer

je pourrais mentir que les oiseaux iraient au sud
iraient au nord

quand la vie va il n’est pas question d’amour sauf si elle s’arrête un instant au pied d’un arbre
quand la vie fait la sieste
que la place est encore chaude
d’odeurs

que je crois te vouloir dans un corps que je renifle affamée
aux petites heures
à voix basse
quand je me demande d’être raisonnable de considérer le temps dans mes calculs en plein dépourvu dans une lutte qui lasse
qui dicte le tranchant

partir rester

je ne sais pas quoi faire de mon désir s’il fallait seulement en faire quelque chose le doute que quelqu’un me l’aurait dit

mais déjà les paupières se font lourdes
voilà de moi la vérité


m’éteindre et revenir identique

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